À L'OMBRE D'UNE HISTOIRE / PRESSE


Article du magazine La Scène – juillet 2009

par Emmanuelle Debur

 

Il suffit de si peu de choses : une valise, du papier découpé, de la couleur et quelques contes. Mais il faut un sacré culot et beaucoup de talent pour que cette valise (rouge) captive les cadets et leurs ainés… Le minuscule théâtre d’ombre de La petite fabrique déplié, les présentations faites, ne reste qu’à écouter l’histoire. Devant cette scène lilliputienne, imaginée par Betty Heurtebise et Sonia Millot, on est embarqué dans un monde expressionniste, où alternent fables séculaires, dialogues entre les deux comédiennes et intermèdes avec le public. Un théâtre de marionnettes franc, généreux, qui ravit par ses sous-entendus et la complicité malicieuse avec le parterre. Cette création, au départ imaginée pour se produire astucieusement sur les tables des petits malades alités (dans le cadre de Culture à l’hôpital) conquiert finalement professionnels et public, tant son propos est juste et la qualité de son interprétation magistrale. Très minutieux, le décor est ciselé comme une pièce d’orfèvre, et tout est pensé au millimètre près, car « une petite chose mal réglée peut avoir de graves conséquences… »

 

 

Article de Sud Ouest Dordogne – 7 février 2011

par Titia Carrizey-JasickMeyrals

 

Au bonheur des spectateurs en culottes courtes

Un voyage en coulisses du théâtre d'ombres.

Les organisateurs du festival Brikabrak poursuivent leur promotion des arts vivants au long des quatre saisons en décentralisant leurs interventions, même s'ils concentrent le grand événement de l'année au Bugue. C'est dans ce cadre que l'association Point Org était mardi dernier à la salle des fêtes de Meyrals, pour trois séances de théâtre d'ombres proposées par la compagnie La Petite Fabrique de Blanquefort, en Gironde.
Une journée destinée au jeune public avec dans un premier temps « La petite maison », un conte à contre-jour très esthétique pour les 18 mois-5 ans. Il a fait le bonheur des tout-petits de la crèche de Saint-Cyprien, ainsi que des élèves des maternelles de Meyrals et Saint-André-Allas. Puis, pour les plus grands (4 à 10 ans des écoles de Saint-André, du Coux et de Terrasson), les ombres racontaient l'histoire de « La Chachatatutu et le Phœnix » et du « Petit Bonhomme haut comme trois pommes ».

 

Histoires à suivre

Des contes autour desquels les enfants pourront continuer à rêver en classe avec leurs enseignants grâce à des albums, en se remémorant les conseils dispensés par les comédiens à la fin du spectacle. Ces derniers ont en effet encouragé les petits à demander à leurs parents de raconter souvent des histoires. Les grands, quant à eux, ont pu faire un voyage en coulisses, derrière le castelet, pour comprendre la technique.

 

Renseignements sur le site Internet www.point-org.com

© www.sudouest.fr 2011

 

 

Article de Brives Magazine – 21 octobre 2010

par Olivier Soulié

 

Les enfants captivés par les héros de l’ombre

L’ambiance est au sombre. Et le spectacle est lumineux. Avec simplement deux castelets, deux voix et quatre mains, Sonia Millot et Cyril Graux, de la compagnie La Petite fabrique, ont réussi à plonger des dizaines d’enfants dans des contes en théâtre d’ombre d’une redoutable efficacité.

A l’invitation des Treize arches et en lien avec le service de l’enseignement de la Ville, les comédiens de la compagnie La Petite fabrique donnent, tout au long de cette semaine, quatre représentations par jour dans les écoles, dans les centres de loisirs et dans les crèches de Brive. Une série qui prendra fin après une prestation ouverte au public vendredi à 18h30 au centre socioculturel Jacques Cartier.

“Nous avons quatre histoires en stock, et nous en jouons généralement deux par représentation, en fonction de l’âge des enfants”, explique Sonia Millot avant de revenir sur la naissance de La Petite fabrique: “On a créé ce théâtre il y a 3 ans. A l’origine, c’était pour jouer dans les chambres d’hôpitaux, d’où le côté peu encombrant et pratique de notre décor qui, une fois plié, tient dans deux valises.”

Hier après-midi, les éclats de rire ont fusé à l’école Jules Romains. Et, quand les rires étaient temporairement éteints, le silence se voulait attentif. Les 3 – 5 ans furent véritablement captivés par les petits personnages manipulés par les agiles mains des comédiens. La “chachatatutu”, le plus petit et le moins joli des oiseaux, et le “petit bonhomme haut comme trois pommes” furent les héros des deux histoires.

Tous les personnages ont été fabriqués, découpés, collés par Sonia. Elle était donc la mieux placée pour retourner les castelets à la fin de la représentation et expliquer aux enfants comment fonctionne un théâtre d’ombre.

“C’est vraiment bien de pouvoir se produire face à des enfants dans les écoles et les crèches”, explique-t-elle. “Ils sont curieux, posent des questions et j’aime beaucoup changer de lieux et donc de publics tout au long d’une semaine.”

 

Questions posées à Sonia Millot par le magazine CCSPB (en 2009)


1)    Sonia, pouvez-vous vous présenter  ?

Je suis comédienne et marionnettiste. ça, c'est ma formation. 

Je joue, je manipule, je dessine pour le théâtre d'ombres, je dirige des acteurs sur scène, j'écris pour moi et depuis peu pour le public...bref... Je rêve, je travaille, je cherche, je rencontre, je m'agite, je me trompe, je recommence, j'accompagne, je m'exalte...tant que ça se fait avec et pour les autres.

 

2)    Pourriez-vous nous raconter la genèse du spectacle "À l'ombre d'une histoire" ?

Ce sont trois petites valises de théâtre d'ombres que Betty Heurtebise et moi-même avons imaginées pour répondre à une demande du Théâtre National Bordeaux Aquitaine dans le cadre de Culture à l'hôpital. Nous passions dans les chambres des enfants hospitalisés. 

Depuis 2007 nous jouons non seulement à l'hôpital mais aussi partout où l'on peut raconter et montrer nos quatre histoires d'ombres et de lumière : bibliothèques, théâtres, maisons de retraite, festivals, écoles et même à domicile. Cette forme artisanale de théâtre d'ombres nous donne une immense liberté d'aller jouer partout dans une grande proximité avec les gens.

 

3)    De quelle manière l'expérience « tout terrain » nourrit-elle le travail de la compagnie?

Betty Heurtebise, qui dirige La Petite Fabrique, propose des projets ambitieux artistiquement et techniquement pour le jeune public. Elle n'a pourtant jamais cessé, en parallèle des grands plateaux, de cultiver d'autres formes que l'on peut appeler "tout terrain" : au travers de la formation, de lectures ou de spectacles légers comme "À l'ombre d'une histoire". Elle le fait avec la même implication, le même désir de partage avec les gens. C'est pour nous comme une nécessité, un appétit de rencontre, pour ne jamais perdre le contact avec le public, où qu'il soit.

Ces petites formes demandent audace et adaptabilité. 

Betty Heurtebise conçoit La Petite fabrique comme un collectif d'artistes et permet à ses comédiens de développer leurs propres projets "tout-terrain". Ainsi Miren Lassus Olasagasti et Alexandre Cardin ont créé "Ô", spectacle pour les tout-petits, sur l'art, qui se joue dans les musées. 

À l'ombre d'une histoire m'a permis d'écrire, de dessiner et de jouer hors les murs des théâtres pour un public qui n'y va pas forcément.

 

 

Questions posées à Sonia Millot pour le magazine Les Clés du Théâtre (2011) - (sur «le Poisson qui pleure...»)


1)  Pourquoi avoir choisi cette forme du théâtre d'ombres ?

Betty Heurtebise de la Compagnie La Petite Fabrique, avec qui j'ai créé "À l'ombre d'une histoire", et moi-même, nous étions férues de théâtre d'ombres et notamment des premiers travaux de Michel Ocelot (bien avant Kirikou). C'est de la poésie artisanale, du merveilleux de carton...avec pas mal de scotch autour...il suffit d'une toute petite lumière allumée et le noir ne fait plus peur mais fait rêver.

 

2) D'où vient ce drôle de titre ?

C'est un proverbe africain que j'aime énormément parce qu'il (me) raconte, à lui tout seul, toute une histoire avant même que l'histoire commence. Il est long mais il est beau non ? Je l'aime aussi parce qu'il est très difficile à caser dans un programme... et aussi parce que les gens viennent me voir à la fin du spectacle pour me dire immanquablement : "Mais il est où, le poisson ?".

 

3) Définissez le théâtre pour vous en 3 mots

Rêve. Émotion. Ensemble. Vivre ensemble l'émotion du rêve.

 

4) Pourquoi passer par des personnages de conte (roi, reine, fleur, fée) ?

Nous rentrons dans les contes comme dans une maison que l'on re-connait, peuplée de silhouettes familières : le roi sera certainement impressionnant, assis sur son trône, la reine probablement très belle et triste à la fenêtre de la tour, la fée exaucera sans doute un vœux formidable qui changera tout... et à la fin, nous serons bien surpris d'apprendre quelque chose sur la vie.

En fait le conte me permet de parler de nous sans retenue ni pudeur puisque qu'après tout on peut toujours se dire que tout ça, ce ne sont que des histoires... Ce n'est pas "pour de vrai"...

 

5) Pourquoi choisir ce thème ?

Le narcissisme ? Le désir d'être mère ? L'incapacité à réaliser ses rêves ? La peur de rater ? De réussir ? L'art de bien cultiver son jardin ? Le dépassement de soi ? Le ridicule qui ne tue pas ? L’expérience qui nous nourrit ? Les mystères qui nous dépassent ? La force de n'être plus seule ? 

... Quel thème choisir parmi ceux-là ? 

Je parle de l'art d'exercer, du mieux qu'on peut, le difficile métier d'homme - et de femme - et cela à tout âge. Toute la littérature ne parle que de ça et il n'y a rien de plus émouvant.

 

6) Quel espoir avez-vous en jouant cette pièce ?

Que l'on sourie de s'y reconnaitre.

 

7) Quel est le coup de pouce qui vous a fait basculer dans l'écriture ?

Le jour où au CP Madame Fontaine a posé sur ma table le livre de lecture "Daniel et Valérie". Je me sentais, sans le savoir, Champollion (dont j'ignorais tout) découvrant le sens des hiéroglyphes. J'allais enfin lire et écrire ! Et je n'ai jamais cessé mais en toute confidence. Mon écriture est rangée bien à l'abri de mes fonds de tiroirs. Je suis un écrivain de salle de bain, pas un (une?) auteur(e) officiellement reconnue (sauf de ma mère).

 

8) Qu'avez-vous envie que les jeunes sachent à propos de cette pièce ?

Surtout pas la fin !